Ambroise Vollard éditeur
Pierre Bonnard, La Petite Blanchisseuse (détail), 1896, lithographie, 295 x 195 mm
Musée Jensich Vevey - Cabinet cantonal des estampes, Fondation William Cuendet & Atelier de Saint-Prex, Collection P


Cézanne, Bonnard, Picasso, …

du 18 août au 5 novembre 2006

D’Ambroise Vollard (1866-1939), l’on retient avant tout l’activité de « marchand de tableaux », ainsi qu’il aimait à se définir et qui aura fait office de « découvreur » de Cézanne, Picasso ou Matisse. Il n’en demeure pas moins un acteur incontournable de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle en matière de promotion de l’estampe originale et de renouveau du livre d’art.

Cédant à l’engouement du XIXe siècle finissant envers la gravure originale, les estampes japonaises ou encore les affiches tapissant les murs de Paris, Vollard apparaît comme un pivot fondamental dans la création et la diffusion de l’estampe. Sous son impulsion, des peintres vont s’essayer à ce médium. Feuilles libres vendues dans sa galerie, portfolios et albums réunissant un ou divers artistes « dans l’air du temps » et enfin ouvrages bibliophiliques illustrés, les formes de valorisation de la cause de l’estampe endossées par Vollard s’avèrent multiples. Apportant tout d’abord son soutien à des peintres établis comme Renoir, Cézanne ou Degas, Vollard fera confiance à des artistes dont la renommée va grandissant : Bonnard, Vuillard et Denis, entre autres, livreront ainsi, sous l’égide de l’éditeur, des chefs-d’œuvre de la lithographie en couleurs. Durant ses années de la maturité, Vollard se dédiera à d’amples projets menés avec Picasso ou Rouault.


En adaptant l’exposition présentée ce printemps au Museum Langmatt de Baden, et rendue possible grâce à des prêts de collections et d’institutions muséales suisses de premier plan, le Cabinet cantonal des estampes tient à dévoiler Vollard davantage éditeur que marchand d’art. Ce faisant, le Cabinet des estampes poursuit une politique visant à souligner les processus de production de l’œuvre d’art par les acteurs qui gravitent autour des artistes. Le personnage marquant de Vollard, dont la figure renfrognée et bourrue a été tant dépeinte, doit être remis à sa juste place pour le rôle capital qu’il a joué dans le développement de l’estampe moderne.