FOCUS SUR LES COLLECTIONS
Anonyme d'après Hendrick Goltzius (Mühlbrecht 1558 - 1617 Haarlem), Apollon et Daphné (Les Métamorphoses d'Ovide), 1589, burin sur papier vergé, 166 x 250 mm , Musée Jenisch Vevey – Cabinet cantonal des estampes, collection du Musée Alexis Forel


Entre Renaissance et Maniérisme, l'image de la femme dans l'estampe européenne

Du 14 mars au 4 juin 2017

Alors qu’au Moyen Âge l’image de la femme dans les arts visuels est étroitement dépendante de l’iconographie religieuse et de ses limites, un renouveau se manifeste à la Renaissance, tant dans l’imagerie profane que sacrée. Oscillant entre perfection esthétique et séduction, la nudité féminine, qui était principalement restreinte aux représentations d’Ève, devient ainsi un sujet à part entière. Qu’il s’agisse de la Vierge ou de sainte Marie-Madeleine, de Salomé ou de Vénus, d’une héroïne biblique ou d’une dangereuse magicienne, les images de femmes traduisent les réflexions d’une époque, le XVIe siècle, traversée par des crises profondes et des bouleversements aussi bien religieux et intellectuels qu’économiques et sociaux. Dans ces figurations souvent dotées d’une certaine ambivalence, la femme incarne tour à tour la vanité, le péché et le vice, l’amour, la beauté et la maternité, entre autres. Les arts visuels entrent ainsi en résonance avec les idées et les discours du temps sur le statut de la femme.

En raison de la diffusion que le médium permet en multipliant les épreuves, les estampes jouent un rôle essentiel dans la circulation et le déploiement des motifs et des canons de beauté, mais aussi des conceptions que ces images véhiculent. Elles témoignent par ailleurs des échanges féconds entre Nord et Sud, et notamment de l’importance d’artistes comme Albrecht Dürer dans cette réflexion sur le féminin et ses représentations à la Renaissance.

Les œuvres ici réunies sont issues des collections du Cabinet cantonal des estampes, et en particulier de celles de la Fondation William Cuendet & Atelier de Saint-Prex et du Fonds des estampes du Professeur Pierre Decker, auxquels s’ajoutent les gravures de l’Association du Musée Alexis Forel, de l’Etat de Vaud et de la Ville de Vevey.