Le collectionneur dans l'atelier
Couverture du catalogue de l'exposition (détail)


Le collectionneur dans l'atelier

André Desponds & Pietro Sarto

du 26 novembre 2004 au 3 avril 2005

André Desponds, linguiste érudit et curieux de toutes les formes d’art, a constitué en secret et sans le moindre sou en poche une collection d’estampes qui traduit ses exigences et ses passions : pour la clarté d’expression d’abord, pour la France du Grand Siècle et le paysage ensuite. Mais il aimait aussi les images plus directes, tirées de l’observation quotidienne et traduites par le crayon amusé de Daumier ou de Toulouse-Lautrec. Sa collection est ici mise en regard avec certains travaux du peintre-graveur Pietro Sarto avec qui il eut de nombreuses discussions dans l’atelier.

Cette exposition est clairement divisée en deux volets. D’une part, dans une première salle, les trésors de la collection réunie par André Desponds sont exposés de manière à faire comprendre la qualité de son regard. Paysages de Claude Lorrain, portraits du XVIIe siècle français, avec quelques magnifiques exemples dus au burin de Gérard Edelinck et Robert Nanteuil. Plus loin, des dessins lithographiés de Daumier, tirés de ses fameuses séries caricaturales sur les Parisiens, sont déployés. On peut voir ensuite six subtiles lithographies au crayon de Toulouse Lautrec tirées de son Album « Au pied du Sinaï » et plusieurs épreuves de Delacroix, Renoir, Seymour Haden, Meryon, Bonnard, Villon et Palézieux. Enfin, à la fin de cette salle, ont été regroupées plusieurs estampes japonaises, remarquables de concision et de sensualité, dessinées par les grands maîtres du genre comme Utamaro, Hiroshige ou Hokusai.

Dans l’autre salle du Cabinet des estampes, on admirera un ensemble extraordinairement expressif de planches de Pietro Sarto. A la différence des artistes qui pratique l’estampe pour multiplier leurs images, Pietro Sarto est avant tout intéressé par le fonctionnement du processus et par les aléas que le travail du cuivre offre à son imagination. Le choix opéré pour l’occasion dans l’œuvre déjà abondant du peintre-graveur permettra de voir des séquences de la même image progressant ou, comme il le dit lui-même, « allant au désastre ». Rien n’est jamais acquis chez cet artiste qui se sert du cuivre comme d’une sorte de miroir pour provoquer ses paresses et réveiller son pouvoir d’invention.