Le grand nuage, Honfleur, de Félix Vallotton, 1909


Le grand nuage, Honfleur, de Félix Vallotton, 1909

Revenons au parcours des collections permanentes, avec Félix Vallotton (Lausanne 1865–1925 Neuilly-sur-Seine), Le grand nuage, Honfleur, huile sur toile de 1909.

Honfleur, petite cité portuaire de Normandie, est à l’origine d’une tradition iconographique. De Gustave Courbet (1819-1877) à Claude Monet (1840-1926), elle a conquis de nombreux artistes. Félix Vallotton y séjourne pour la première fois en 1901 ; durant dix-sept années consécutives, il y reviendra chaque été.

Né à Lausanne en 1865, naturalisé français en 1900, l’artiste se forme à Paris dès l’âge de 17 ans. À la fois graveur et illustrateur, associé aux Nabis, il s’oriente résolument vers la peinture au tournant du siècle.

Ses villégiatures à Honfleur donnent lieu à une recherche assidue autour du paysage, qui aboutira, à l’aube des années 1910, aux paysages dits « composés ». Le grand nuage, Honfleur voit le jour en 1909. Vallotton se fonde sur l’observation directe de la nature qu’il recompose de mémoire, en atelier, de façon à en synthétiser les principales caractéristiques. Ici, les champs qui structurent le premier plan de bandes horizontales accueillent une présence humaine, presque anecdotique. La frise d’arbres animés par le souffle du vent opère un trait d’union avec le ciel. Un ciel où s’avance un nuage grisâtre, aux lignes arabesques, ourlé d’une lumière de fin de journée. Menaçant et massif, il occupe la majeure partie du tableau. Le paysage est libéré de détails, les formes épurées, stylisées : Vallotton développe un vocabulaire qui tend à l’essentiel au détriment d’un rendu réaliste. Il s’attache à traduire les variations du temps et leurs incidences sur les éléments comme sur les individus. « La pluie, enfin ! Tout devient grave et le paysage se met à l’unisson. »