Une esquisse de Bonnard


Une esquisse de Bonnard

Pierre Bonnard (1867-1947), Pas du tout, passionnément, vers 1891-1892, plume et encre noire sur mise en place au crayon au graphite sur papier vélin beige, 401 x 304 mm, Musée Jenisch Vevey

Ce dessin de Bonnard se lit comme une bande dessinée, une case étant même réservée au titre qui fait référence à l'effeuillage de la marguerite. Une jeune femme à la silhouette contorsionnée évoquant les geishas - Bonnard n'est pas pour rien surnommé le Nabi très japonard ! - regarde s'éloigner d'elle une figure masculine, avant de délicatement cueillir une fleur. Quelques traits suffisent à esquisser la fragile silhouette accroupie de la jeune femme, toute occupée à sa rêverie romantique. L'artiste utilise ici un papier vélin dont l'aspect est lisse et homogène. Depuis la fin du XVIIIe siècle et l'essor de papetiers anglais comme Whatman, le vélin est largement adoptés par les aquarellistes. La production de papier vélin connaîtra également un vif succès en France tout au long du XIXe siècle.